Hommage à Richard Descoings

Voilà un éditorial malheureusement imprévu et fait sur le vif afin de manifester la solidarité du Zadig avec l’ensemble des étudiants mentonnais, parisiens, et de tous les campus de Sciences Po. C’est avec une grande émotion que la rédaction a appris hier tard dans la nuit le décès du directeur de Sciences Po, notre institution, j’ai nommé Monsieur Richard Descoings. Il a bien entendu été un grand homme pour Sciences Po : c’est une institution qu’il a façonnée, transformée, métamorphosée de ses mains et a permis à beaucoup d’entre nous d’être ici. C’est tout le campus de Menton qui doit lui être reconnaissant, d’une part car il a permis la présence de nos amis étudiants venant de pays des quatre coins du monde ; et d’autre part d’étudiants venant de milieux où l’accès à des écoles prestigieuses est plus difficile – et je parle là des ZEP et bien plus, car ce grand Monsieur a permis avant tout la démocratisation de Sciences Po et a tenté de mettre à mal dans son milieu l’éternelle domination des élites. Nous ne pouvons pas nous dire proches de Richard Descoings en tant qu’étudiants : cependant il a réussi à tous nous rassembler en ce jour, dans la solidarité envers ses proches, envers les membres de l’administration mentonnaise dont nous partageons l’immense chagrin en ce jour de deuil. Hors de Sciences Po Richard Descoings était un homme écouté et respecté dans le domaine éducatif, dans lequel il a fortement stimulé le débat en France et dans le monde. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il voyageait à New-York afin d’y rencontrer les plus grandes personnalités mondiales dans ce domaine. Agitateur politique et personnage iconoclaste, Richard Descoings a rendu notre école plus ouverte, plus tolérante, plus mixte : il l’a faite à son image en somme.

Il a permis à beaucoup d’entre nous de faire de nos rêves des réalités et c’est pour cette raison que nous ne l’oublierons pas. C’est, je pense, au nom de tous les étudiants que je peux m’exprimer ainsi :

« Merci monsieur le directeur. »

 

Edito

Malgré le climat douceâtre, les palmiers se dressant sur les bords des plages de la célèbre « French Riviera » et le ciel à qui l’hiver n’enlève rien de son légendaire azur, aucun doute, décembre est bien arrivé chez nous, étudiants mentonnais. La musique résonne dans les rues et la ville s’anime de centaines de visiteurs que l’on n’espérait plus. Les vitrines se parent de blanc et les décorations envahissent la vieille ville en essayant de nous convaincre que dehors il fait un froid glacial et que la neige s’apprête à tomber. Que nenni, le thermomètre frôle les 20 degrés et les manteaux sont pour la plupart d’entre nous (n’en déplaise aux frileux!) restés au placard. Et pourtant. Qui n’a pas encore envie de croire à la magie de Noël ? Nombre d’entre nous ne célèbre même pas cette fête chrétienne mais c’est bien la chaleur d’un foyer qui nous rappelle la véritable symbolique de cette fête et des vacances qui approchent. Restés loin de nos familles depuis la fin de l’été pour beaucoup, bientôt arrive le moment de retrouver les nôtres et de sortir de la bulle que nous avons malgré tout réussi à constituer ici, dans cette petite ville dans laquelle nous avons finalement appris à vivre.

Les conflits déchirent nos peuples et les malheurs s’accumulent sur les épaules de notre frêle monde mais laissons-nous du temps pour être heureux et pour se priver des nouvelles de notre planète malade, une minute, pour respirer, pour réfléchir et apprécier quelques instants la magie que nous offrent ces beaux moments qui approchent. Encore quelques moments difficiles avec les examens et nous nous en irons tous vers d’autres horizons plus ou moins lointains ou exotiques pour encore apprendre, découvrir et surtout retrouver ce qui nous est cher, ou pour construire ce qui le sera. L’Equipe du Zadig vous souhaite bon repos,  bon voyage, bon vent et bien sûr… bonne lecture !

Edito

Qu’est-ce qu’un éditorial au juste ? Je m’apprêtais à tergiverser sur le malaise européen, la crise syrienne ou bien le « poker menteur » comme l’appelle Jeune Afrique dans l’un de ses articles engagé entre Israël et l’Iran, mais que nenni : plutôt que de vous parler de toutes ces réjouissances, j’ai pensé soudainement en commençant à taper énergiquement sur les touches de mon clavier,   tiens, qu’est-ce qu’un édito ? Si habitués au format Sciences Po, avec introduction, conclusion, chapô, annonce de plan et tous leurs amis, nous en oublions parfois comment écrire, tout simplement, laissant aller les mots au fil de nos idées sans forcément peser chaque terme et en voyant à travers chaque lettre un point qui pourrait potentiellement s’envoler. Alors on nous fait croire en université que sans structure point de qualité. Mais je ne suis pas d’accord. La passion et la créativité, l’idée même, doit interférer dans chacune de nos productions, écrite ou autre. Les artistes ont le plaisir de l’esthétique, les politiques du bien commun, les médecins de la santé publique, enfin l’écrivain a le plaisir des mots et des innombrables jeux qu’ils nous offrent. Qu’y a-t’il de plus beau que les mots, avec lesquels nous pouvons faire parvenir à autrui, de manière écrite ou orale, nos opinions, nos sentiments, nos raisonnements ? Il y a de nombreux coups de génie, inexpliqués, inexplicables, des idées qui nous viennent d’on ne sait où et qui surgissent on ne sait quand : et c’est bien là que l’on voit qu’il existe toujours une place pour la passion, pour la spontanéité même dans les assignations les plus encadrées. Et c’est en écrivant cela que je me rends compte de l’utilité d’un édito (ou de son inutilité, à chacun son point de vue) : laisser ce gramme de passion et de liberté dans un monde où l’on ne parle pour ainsi dire que d’horreurs ou d’injustices, où tout n’est que drames parce qu’après tout c’est ce qui fait vendre quand on les conte. Nous sommes submergés par les images, laissez-vous donc envahir par les mots dont nous sommes les auteurs.

Bonne lecture !

L’Edito

C’est à l’occasion de cette journée particulière pour nous, étudiants, enseignants et personnel de Sciences po que le nouveau journal du campus a décidé de prendre son envol. Tout en reconnaissant le gigantesque travail effectué par nos prédécesseurs que nous remercions chaleureusement et respectons, nous avons décidé de faire peau neuve avec Le Zadig. Nouveau nom, nouvel objectif : nous souhaitons catalyser au sein de nos productions écrites les opinions des étudiants au sujet des problématiques mondiales et méditerranéennes en particulier, devenir non pas une source d’information mais un lieu de rencontre, de dialogue et montrer au monde ce que nous pensons, en tant qu’étudiants, en tant que citoyens de pays aux quatre coins du globe, en tant que jeunes, en tant que personnes douées de raison.

Alors pourquoi ce nom, Le Zadig ? En réalité, il s’agit d’un personnage inventé par l’un des plus éminents philosophes des Lumières qui n’est autre que Voltaire. En effet, dans Zadig ou la Destinée, notre héros connaîtra à la fois bonheurs et malchances. De sa riche expérience à travers les régions et de sa rencontre avec la Providence tantôt néfaste, tantôt bienveillante, Zadig apprend, pour devenir vrai. Et c’est d’ailleurs ce que signifie son nom en arabe : le vrai, Sadiq. Ainsi de Sadiq à Zadig il n’y a qu’un pas et nous l’avons franchi : à la fois d’origine européenne par son auteur, émanant de l’un des plus beaux mouvements qu’ait connu le monde, les Lumières, portant un nom dérivé de la langue arabe, partagée par tous les étudiants de notre campus, et voyageant à travers ce « monde unique de milliers de cultures » qu’est la Méditerranée, Zadig à présent, sera, nous l’espérons, celui qui portera et clamera haut et fort nos idées. La mosaïque constituée par cette communauté riche et exceptionnelle rassemblant plus de trente nationalités que nous formons, nous la voyons débattre et s’affronter, nous la voyons écrire de sa plus belle plume pour montrer au monde ce que nous avons à dire et à penser.

Notre équipe :

  • 12 étudiants francophones, anglophones, arabophones joints à la participation collective du campus de Menton
  • Des partenariats avec les autres campus de Sciences po portés sur d’autres aires géographiques
  • Une édition numérique deux fois par mois

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